06décembre2019

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Commerce International : Retournement sur les marchés dû à une évolution géopolitique

bandeau internationalPrésentation du rapport annuel 2019 de Cyclope, la principale bible des matières premières en Europe

 Conférence Cyclope  du 15 Mai 2019

Commerce International : Retournement sur les marchés dû à une évolution géopolitique

Des tensions sur le pétrole, le sucre, le soja, le lithium, le cobalt… Le rapport annuel 2019 de Cyclope, la principale bible des matières premières en Europe, se montre particulièrement pessimiste sur l’état des échanges commerciaux dans le monde. Philippe Chalmin, le Directeur du Master 212 à Paris Dauphine, en a décrypté les raisons lors de l’introduction de cette réunion rassemblant les intervenants du commerce international des matières premières.

La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis alimente les incertitudes concernant les marchés des matières premières au niveau mondial.

Oubliée l’année 2018 et ses perspectives de forte croissance mondiale. Dans son rapport annuel sur les marchés des matières premières, l’économiste Philippe Chalmin présente un état des lieux désenchanté sur l’état des échanges mondiaux. Intitulé "Les illusions perdues", le rapport illustre en quoi les conflits et les incertitudes sont devenues une norme pour le commerce.

Philippe Chalmin explique ce sentiment de désillusion « Nous sommes dans une période de doute concernant l’économie mondiale ». Cela contraste avec l’optimisme de notre rapport 2018, intitulé "Le ciel rayonne, la terre jubile." Nous avions alors la croyance naïve que les pays émergents allaient connaître une croissance rapide. Or, le décollage a été plus difficile que prévu en Chine, au Brésil, en Afrique du Sud, en Russie, en Turquie, en Argentine… Et en Europe aussi, la croissance s’est ralentie, de l’Allemagne à l’Italie.

Seuls les Etats-Unis, aujourd’hui, semblent encore échapper à la morosité ambiante. Ils profitent de la croissance des nouvelles technologies, et de la hausse de la production de pétrole de schiste. On a pu rêver l’année passée d’une mondialisation heureuse. Mais aujourd’hui, ce panorama a été totalement balayé par la montée des tensions internationales.

Puis une table ronde a illustré les raisons de ces désillusions économiques. Ainsi, Denis Ferrand, Directeur de REXECODE, a démontré comment le retournement des marchés mondiaux était dû à une évolution géopolitique en citant par exemple la crise iranienne, provoquée par les incursions de drones ennemis sur les installations de raffinage de pétrole, le sabotage ou tentatives de sabotage de tankers dans le Golfe Persique, le bras de fer entre le Président Trump et son homologue Chinois sur fond d’augmentation de taxes sur les importations chinoises aux Etats Unis.

Une certaine perte des illusions, « la fin d’une croissance ininterrompue », la force du potentiel, capacité à croître par exemple, la mobilisation d’une main-d’œuvre est plus compliquée, cela a un impact sur la productivité des entreprises en Pologne.

Perspectives mondiales : l’un et les autres -> l’américain et les autres.

Pertes des illusions :

Côté chinois : l’avènement du Président Xi Jinping sans limites de temps des fonctions constitutionnelles sait assurément que la route est longue avant la réalisation complète d’un projet fin 2049 qui devrait consacrer la Chine à la place de chef de file mondial dans les principaux secteurs manufacturiers haut de gamme.

Mais pour l’instant la Chine doit se “serrer la ceinture” de façon à contrer les menaces existantes et à anticiper les conséquences du durcissement américain : il faut assurer de la croissance, mais aussi changer un modèle dynamique, et résistant. Il faut le rendre soutenable vis à vis de ces partenaires globaux, et aussi de son environnement climatique et régional, Avant de parler des tensions commerciales sur les marchés extérieurs, on assiste par exemple, à un effondrement des ventes de véhicules des particuliers dû à un changement du mode du financement des véhicules, car le pouvoir central chinois souhaite réguler son système bancaire.

Côté américain: « l’un et les autres ». Le Président Trump considère que sa mission première est de briser l’élan économique chinois qui menace de remettre en cause la domination américaine. Les USA, économie vigoureuse, rotation des boucs émissaires, rotation des moteurs de croissance en s’appuyant sur une baisse d’IS, sur un allégement de la fiscalité des ménages, permettent de soutenir les investissements d’infrastructures 2000 milliards de dollars.

Basculement américain sur la politique monétaire, peur des autorités américaines, crainte de la dette des entreprises (rachat d’entreprises sur des niveaux de valorisation élevée.)

Anticipation d’un ralentissement de la croissance.

Ralentissement de la hausse des taux. Problème des relations mondiales

Nouvel axe Riyad-Tel-Aviv: le rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’Israel, voyant tous deux dans l’Iran une menace existentielle, a été spectaculaire et bouleverse les équilibres régionaux.

Christian de Perthuis, professeur à Dauphine et fondateur de la Chaire Économie du Climat.

Aux déconvenues économiques s’ajoutent les déconvenues climatiques!

Au niveau mondial on ne peut que constater que 2018 est l’année la plus chaude au niveau du monde. Les émissions de Co2 se sont accrues.

1977, premier papier sur climat et économie

1990 premier rapport du GIEC

1997 le PrésidentBusch quitte le protocole de Kyoto.

2001/2015 Rapport Sern réactualise le modèle dynamique intégré climat-économie, appelé aussi modèle DICE (Dynamic Integrated model of Climate and the Economy) de William Nordhaus.

En 2015, l’accord de Paris, rupture majeure, changement descendant au niveau économique, jeux des acteurs pour aller le plus loin possible.

On pensait pouvoir convaincre les récalcitrants.

Aujourd’hui la sortie des énergies fossiles est engagée. Mais il faut surveiller les puits de carbone qui ont un impact sur la forêt et l’agriculture.

Mais nous avons aussi de bonnes nouvelles :

Première bonne nouvelle, pour la première fois, le coût de production de l’énergie solaire et éolien est plus faible que le coût de l’énergie fossile.

Seconde bonne nouvelle, les générations futures, au sein des sociétés, se rendent compte que le changement climatique devient un problème central et politique.

Jean-François Di Meglio, Président d’Asia Centre fait un point sur les désillusions chinoises: l’illusion du monde à deux est perdue un peu comme La fable du lièvre et de la tortue. Temporalité longue du programme du Président, Xi Jinping, 2049 sera fin du projet qui devrait permettre à la Chine d’avoir l’hégémonie sur un certain nombre de marchés.

Mais, pour la première fois, en Chine la croissance de la consommation est en baisse. Idem la baisse de l’endettement, les investissements chinois à l’étranger rapportent moins que prévu, ces baisses ont un impact sur les comptes courants chinois.

Le Président Trump ne peut pas admettre, qu’au niveau de l’OMC, une puissance comme la Chine puisse s’auto-désigner “en développement” et bénéficier sans vergogne de toutes les exemptions attachées à ce statut.

Dès le début de sa présidence, l’administration Trump s’est ostensiblement détournée du multilatéralisme pour épouser l’approche bilatérale, c’est à dire le rapport de force: créer un levier par la menace de droits de douane sur des secteurs clefs pour forcer l’adversaire à négocier en position de faiblesse.

En conclusion, Pascal Lamy pense que le bras de fer entre la Chine et les USA devrait se traduire à terme par une phase de « déglobalisation » des échanges» en Chine, mais aussi aux USA. Il estime par ailleurs que les règles de l’OMC ne disciplinent pas assez le respect des règles des exportateurs chinois, notamment au regard des subventions gouvernementales.

Enfin, il conclut ce colloque par cette phrase choc :  « la mondialisation c’est comme Janus, il y a deux faces : La mondialisation ça marche parce que c’est douloureux, c’est douloureux parce que ça marche ».

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